Cette semaine sur le site de l’Olive Health Information System
La newsletter de l’Université de Navarre et du COI consacrée à la santé
L’olivier (Olea europaea) est à l’origine d’une grande variété de produits et de composés bioactifs. Cette diversité se reflète non seulement dans les caractéristiques sensorielles de l’huile d’olive vierge extra (HOVE), qui varient selon la variété d’olive, mais aussi dans la composition d’autres produits dérivés de l’olivier, tels que les feuilles d’olivier et le grignon d’olive. Deux études publiées récemment explorent ces différentes dimensions et apportent un nouvel éclairage sur les liens entre la composition chimique, les caractéristiques sensorielles et les effets potentiels de ces produits sur la santé.
Une étude récente a cherché à caractériser et à différencier les profils aromatiques et gustatifs de l’HOVE provenant de cinq variétés d’Olea europaea à l’aide d’un nez électronique, de la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de mobilité ionique (GC-IMS), d’une langue électronique et de la chromatographie liquide ultra-performante couplée à la spectrométrie de masse en mode MS/MS (UPLC-MS/MS). Le nez électronique a permis de différencier les huiles en fonction de leur variété et la GC-IMS d’identifier 30 composés organiques volatils, les esters étant les plus abondants. L’analyse par langue électronique a révélé des différences d’intensité de la douceur, de l’amertume et de l’astringence entre les variétés. Des analyses complémentaires ont identifié 26 composés phénoliques comme contributeurs potentiels à l’amertume et à l’astringence, tandis que l’ancrage moléculaire a fourni des preuves supplémentaires de l’interaction entre cinq composés amers et les récepteurs du goût amer. Dans l’ensemble, ces résultats soulignent le rôle de la variété d’olive et de la composition chimique dans la définition du profil sensoriel de l’HOVE.
Une autre étude a procédé à une revue systématique et à une méta-analyse des données relatives aux effets cardiométaboliques d’une supplémentation en feuilles d’olivier et en grignon d’olive. Sur 30 essais contrôlés randomisés impliquant 1 726 participants, la supplémentation en feuilles d’olivier a été associée à des améliorations de plusieurs marqueurs cardiométaboliques et inflammatoires, notamment le profil lipidique, l’apolipoprotéine B, le LDL oxydé, la pression artérielle, le poids corporel, l’indice de masse corporelle et le TNF-α. Cependant, aucun effet significatif n’a été observé sur les marqueurs du métabolisme du glucose. Les données concernant le grignon d’olive étaient plus limitées et moins cohérentes. Ces résultats suggèrent que les feuilles d’olivier pourraient constituer une source prometteuse de composés bioactifs, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour clarifier leurs effets potentiels sur la santé et le rôle éventuel du grignon d’olive.
Ces différentes études illustrent la remarquable diversité de l’olivier, depuis la complexité sensorielle de l’HOVE jusqu’aux propriétés biologiques potentielles d’autres produits dérivés de l’olivier. Elles soulignent également l’importance de la composition chimique sous deux aspects : les composés phénoliques et volatils contribuent aux caractéristiques sensorielles distinctives de l’HOVE, tandis que d’autres composés bioactifs pourraient contribuer aux effets potentiels sur la santé observés lors d’une supplémentation en feuilles d’olivier. L’exploration de cette diversité pourrait nous aider à mieux apprécier la valeur des produits dérivés de l’olivier tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l’utilisation durable des ressources oléicoles.
Autres articles mentionnés cette semaine dans la newsletter de l’OHIS (en anglais) :
Olive et huile d’olive
Effects of non-thermal techniques on polyphenols in table olives (cv. Nocellara del Belice).
Maladies cardiométaboliques
Autres maladies inflammatoires chroniques
Mediterranean Diet in Obese Children with Asthma: A Single-Arm Pilot Study.
Santé féminine
Santé mentale et fonction cognitive
Autres maladies
Mediterranean diet and its relationship with oral pathology.

