Préserver l’olivier
Des semences d’olivier ont été déposées pour la première fois de l’histoire dans la Réserve mondiale de semences du Svalbard en février 2026.
Le Conseil oléicole international (COI) a participé, aux côtés de l’Université de Cordoue (UCO) et de l’Université de Grenade (UGR), du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC), de l’Institut national de recherche et de technologie agricole et alimentaire (INIA-CSIC) et du Centre de ressources phytogénétiques (CRF), à la réalisation du premier dépôt d’une copie de sauvegarde du patrimoine génétique mondial de l’olivier dans la Réserve mondiale de semences du Svalbard, la plus grande installation au monde dédiée à la conservation à long terme des semences agricoles. Située dans l’archipel arctique du Svalbard, en Norvège, et gérée par le Centre nordique des ressources génétiques (NordGen), cette infrastructure offre les meilleures garanties de sécurité et de stabilité pour la préservation de la biodiversité végétale face aux risques mondiaux. Cette initiative a été lancée par le consortium du projet européen H2020 GEN4OLIVE, puis soutenue par le COI et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui faisaient partie de ce projet.
Grâce à la coopération entre la FAO, le COI et le ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation (MAPA), un accord tripartite a été signé en 2024, intégrant officiellement la Banque mondiale de ressources génétiques de l’olivier de Cordoue (BGMO-UCO) dans le cadre du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA). Cette intégration a permis d’inscrire l’olivier au sein des grands mécanismes internationaux de conservation et d’utilisation des ressources phytogénétiques. Parmi ces mécanismes figurent le recours à l’accord standardisé de transfert de matériel et la possibilité de déposer des semences dans la Réserve du Svalbard, renforçant ainsi la préservation à long terme de la diversité génétique de l’olivier pour les générations futures. Les variétés d’olivier se multipliant par reproduction végétative, ce dépôt a été abordé différemment afin que les semences d’olivier sélectionnées reflètent la diversité génétique de l’olivier cultivé dans le monde.
Pourquoi est-il essentiel de protéger l’olivier ?
L’olivier n’échappe pas aux grands défis auxquels l’humanité est confrontée, notamment le changement climatique et l’érosion accélérée de la diversité génétique. Les risques liés au changement climatique sont en effet particulièrement importants pour une espèce à multiplication végétative, non seulement en raison des modifications des facteurs abiotiques, tels que les températures et les précipitations, mais aussi de la recrudescence des ravageurs et des maladies qui peut en résulter et auxquels les collections d’oliviers sont particulièrement vulnérables.
Conformément à l’un des principaux objectifs de l’Accord international qu’il est chargé d’administrer, le COI, en collaboration avec l’UCO et l’UGR, a piloté la mise en place d’une sauvegarde de la plus grande diversité génétique possible de l’olivier cultivé dans le monde et des populations espagnoles d’olivier sauvage, sous forme de semences, récoltées sur des arbres à pollinisation libre issus de la collection de la BMGO-UCO et sur des populations sauvages prospectées par l’UGR. Une copie de sécurité est conservée au CRF de l’INIA-CSIC et une copie a été envoyée à Svalbard. Cette initiative vise à préserver le patrimoine génétique de l’olivier pour les générations futures et à garantir sa conservation en cas de catastrophes naturelles, de conflits ou de crises mondiales.
Le premier dépôt de semences d’olivier
Ce projet symbolise un engagement concret en faveur de la conservation de la diversité génétique de l’olivier, l’une des espèces agricoles les plus ancrées dans l’histoire du bassin méditerranéen, et constitue le premier dépôt de l’histoire de semences d’olivier en vue de leur conservation dans la chambre forte du Svalbard. Une délégation du COI et de l’UCO s’est rendue du 23 au 27 février 2026 en Norvège pour assister à la cérémonie officielle d’introduction des semences d’olivier dans la chambre forte, un événement très important pour la conservation de la diversité génétique de l’espèce de l’olivier et chargé de symbolisme.
Cette étape historique a été rendue possible grâce à l’initiative née du projet européen GEN4OLIVE, financé dans le cadre du programme Horizon 2020. Ce projet, axé sur la conservation, la caractérisation et la valorisation des ressources génétiques de l’olivier, est dirigé par l’UCO et soutenu par le COI.
Les travaux nécessaires à la réalisation de ce dépôt ont impliqué un processus scientifique qui s’est articulé en plusieurs étapes avec l’intervention de différents centres de recherche.
Prélèvement de l’échantillon de semences
- Les conditions de stockage de la Réserve du Svalbard exigent que le matériel déposé soit constitué de semences. L’olivier cultivé se multipliant par voie végétative, la sélection des échantillons de semences était essentielle pour garantir la biodiversité du matériel déposé.
- Les semences envoyées au Svalbard provenaient à la fois de spécimens vivants de la collection ex situ du BMGO-UCO – qui abrite plus de 700 variétés d’oliviers – et de semences récoltées par l’UGR, issues de spécimens sauvages (acebuches) provenant de différentes populations naturelles de la péninsule Ibérique.
- Les semences récoltées dans la collection de Cordoue proviennent à l’origine de variétés autochtones de différents pays membres du COI, parmi lesquels : l’Albanie, l’Algérie, Chypre, la Croatie, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Syrie, la Tunisie et la Turquie.
- Après leur sélection, les fruits récoltés dans la collection de l’UCO et ceux provenant d’exemplaires sauvages ont été traités en laboratoire conformément à un protocole élaboré par l’UGR et l’UCO.
Préparation du matériel en laboratoire
- Les olives récoltées de chaque variété ont été dénoyautées (extraction des noyaux, ou endocarpes), débarrassées des résidus organiques et séchées à l’air libre. Les semences se trouvent à l’intérieur des noyaux et sont protégées par leur enveloppe naturelle qui les préserve des éventuels dommages.
- Les échantillons classés et étiquetés ont été envoyés pour être conservés dans la collection de base ou de sécurité du CRF, où des tests de germination ont été effectués afin d’évaluer la viabilité germinative du matériel, conformément aux protocoles établis par l’UGR et l’UCO, ce qui permet de disposer d’un point de référence pour évaluer leur conservation tous les 10 ans.
- Une partie des échantillons a été conservée dans des récipients hermétiques à -18 °C, dans les mêmes conditions que celles prévalant à Svalbard.
- L’autre partie des échantillons a été placée dans des enveloppes hermétiques spéciales, étiquetées avec des informations détaillées.
- Tout au long de ce processus, les échantillons étaient accompagnés d’informations (codes, lieux de collecte) qui ont été envoyées à NorGen en vue de leur saisie dans les bases de données de la collection de la Chambre forte.
- Les enveloppes contenant les semences, accompagnées des informations correspondantes, ont été placées dans des caisses spéciales, préparées pour le transport et le stockage dans la Banque de semences.
Expédition et dépôt
- Le matériel a été acheminé du lieu de collecte au laboratoire de l’UCO, puis au laboratoire du CRF, d’où il a finalement été expédié vers la Réserve du Svalbard, par voie terrestre et aérienne jusqu’à Longyearbyen.
- À l’arrivée, le personnel habilité de NordGen a coordonné la réception et le dépôt des caisses dans les chambres souterraines de la Réserve.
Cette procédure respecte les normes internationales en vigueur pour les dépôts au Svalbard : chaque banque de ressources génétiques conserve la propriété de ses semences. Le dépôt ne transfère pas la propriété génétique des semences, mais fait office de sauvegarde mondiale. De plus, une copie exacte du matériel déposé au Svalbard est conservée dans les locaux du CRF en tant que duplicata.
Quelle est la portée de ce projet ?
Tant pour le secteur oléicole que pour la société mondiale, cette initiative :
- Garantit la conservation de la diversité génétique de l’olivier pour les générations futures face aux risques environnementaux, sociaux et économiques.
- Assure une représentation multilatérale des variétés autochtones des pays oléicoles membres du COI.
- Constitue un exemple inspirant de coopération internationale entre des institutions scientifiques, universitaires et des organismes internationaux en faveur de la conservation d’une culture et de la sécurité alimentaire mondiale.
- Montre que la conservation des variétés traditionnelles et sauvages de l’olivier n’est pas seulement une démarche scientifique, mais également un pari sur la résilience des systèmes agricoles et la sécurité alimentaire de demain.
IOC, FAO and UCO delegation.
Olive seed deposit in the Svalbard Global Seed Vault.
Participation institutionnelle
Ce projet a été rendu possible grâce à la généreuse collaboration de plusieurs institutions :
- Université de Cordoue et Université de Grenade – Identification, sélection et préparation du matériel génétique, grâce au projet H2020 GEN4OLIVE, à l’origine de cette initiative.
- Centre de ressources phytogénétiques, Institut national de recherche et de technologie agricole et alimentaire, Conseil supérieur de la recherche scientifique (CRF, INIA-CSIC) – Assistance scientifique et technique, préparation des semences et gestion de l’expédition vers Svalbard.
- Ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation – Soutien institutionnel et logistique.
- Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – Cadre international de coopération et de conseil. La FAO administre le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA).
- Conseil oléicole international (COI) – Coordination et direction du projet.
Pour en savoir plus :
Banque internationale de ressources génétiques de l’olivier d’Espagne (WOGB-Espagne)
La Banque internationale de ressources génétiques de l’olivier d’Espagne fait partie du réseau des banques de ressources génétiques du COI créé en 1994. La banque espagnole est la plus importante de ce réseau et résulte de la coopération permanente entre deux institutions : l’actuel Institut de formation agricole et halieutique de la Junta de Andalucía (IFAPA) et l’Université de Cordoue, depuis 1970. Elle se compose de deux collections conservées au sein de ces institutions.
Université de Cordoue (UCO)
L’Université de Cordoue (UCO) est un établissement public d’enseignement supérieur situé dans la ville de Cordoue, en Andalousie, fondé en 1972. Elle propose un large éventail de formations de licence, de master et de doctorat dans des domaines tels que les sciences, l’ingénierie, les sciences de la santé, les sciences sociales et les sciences humaines. Elle se distingue tout particulièrement par son prestige dans les domaines des études agroalimentaires, de la médecine vétérinaire et des sciences de l’environnement, et constitue une référence nationale et internationale en matière de recherche dans ces domaines. Sa tradition remarquable en matière de recherche agroalimentaire, notamment dans le secteur de l’olivier, l’un des piliers économiques et culturels de la Méditerranée, a été rendue possible grâce à des groupes de recherche tels que UCOLIVO qui, sur le plan scientifique, fait figure de pionnier au niveau international dans la caractérisation et la conservation des ressources génétiques de l’olivier, l’amélioration génétique des variétés et l’optimisation des systèmes de culture tels que l’oliveraie intensive et en haie. Dans le domaine de la formation spécialisée, l’UCO organise le master universitaire en oléiculture et oléotechnie, un programme officiellement reconnu au sein du système universitaire espagnol et accrédité, qui est mis en œuvre en collaboration avec des institutions telles que le ministère régional de l’Agriculture de la Junta d’Andalousie, le CSIC, le COI et l’IFAPA.
Banque mondiale de germoplasme de l’olivier de l’Université de Cordoue (BMGO-UCO)
La collection de la Banque mondiale de germoplasme de l’olivier, située à l’université de Cordoue, est gérée par l’unité CEVO et par le groupe de recherche UCOLIVO. Il s’agit de l’une des plus importantes collections au monde consacrées à la conservation de la diversité génétique de cette culture. Elle abrite plus de 700 variétés d’oliviers provenant de 26 pays, ce qui en fait une ressource essentielle pour la recherche, l’amélioration génétique, l’adaptation au changement climatique et la préservation du patrimoine oléicole mondial.
Banque mondiale de germoplasme de l’olivier de l’Université de Cordoue (BMGO-UCO)
Projet GEN4OLIVE
GEN4OLIVE était une action d’innovation financée par des fonds européens qui s’est achevée en mars 2025 et qui avait pour objectif d’accroître la mobilisation des ressources génétiques de l’olivier et de promouvoir les activités de préproduction par : (1) la caractérisation d’environ 500 variétés et 1 000 génotypes sauvages et ancestraux provenant de l’ensemble du bassin méditerranéen ; (2) le développement d’outils TIC intelligents pour rendre les ressources génétiques plus accessibles aux utilisateurs finaux ; et (3) la promotion de la participation des sélectionneurs et des producteurs par le biais de deux appels à projets ouverts visant à soutenir les activités de pré-sélection. L’objectif principal de ce projet a été d’accélérer la mobilisation des ressources génétiques de l’olivier et d’encourager les activités de pré-amélioration autour de quatre thèmes principaux : la résistance au changement climatique, les variétés résistantes aux ravageurs et aux maladies, les variétés à haut rendement et de grande qualité, et l’adaptation aux systèmes de plantation modernes. Ce projet a été soutenu par le programme Horizon 2020 de l’Union européenne.
Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA)
Le TIRPAA est un accord international adopté dans le cadre de la FAO afin de faciliter l’accès aux ressources phytogénétiques et de partager équitablement les avantages découlant de leur utilisation, notamment pour soutenir la sécurité alimentaire mondiale. L’Espagne, le Maroc et, prochainement, d’autres pays membres du COI figurent parmi les signataires de ce traité qui établit un système multilatéral d’accès à une liste consensuelle de cultures clés en vue de leur conservation, de la recherche et de l’amélioration génétique. La signature du TIRPAA par ces pays témoigne de leur engagement en faveur de la protection de la biodiversité agricole, de l’échange responsable de matériel végétal et de la reconnaissance des droits des agriculteurs dans la gestion de ces ressources essentielles, dans le cadre du réseau du COI des banques de ressources génétiques de l’olivier.
Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC), Institut national de recherche et de technologie agricole et alimentaire (INIA) et Centre de ressources phytogénétiques (CRF)
Le CSIC est le plus grand organisme public de recherche d’Espagne. C’est lui qui a géré et signé l’accord avec le gouvernement norvégien en vue du dépôt de semences espagnoles dans la Réserve du Svalbard en 2022. L’INIA, qui fait désormais partie du CSIC, est un centre spécialisé dans la recherche agroalimentaire. La mission du CRF de l’INIA-CSIC est de contribuer à la préservation et à l’utilisation de la diversité génétique des espèces, variétés et écotypes végétaux autochtones et des cultivars abandonnés, des espèces sauvages et d’autres matériaux dont le potentiel génétique est susceptible d’être exploité dans l’agriculture et l’alimentation. Le CRF, en tant que responsable de la conservation à long terme des ressources phytogénétiques, de la gestion de l’Inventaire national et de la coordination des actions des banques de germoplasme du Réseau des collections du Programme national, est chargé de garantir que les triplicatas envoyés correspondent au même lot d’échantillons que celui conservé dans la collection de base du CRF et qu’il est donc possible d’assurer le suivi et de maintenir à jour les informations relatives au matériel envoyé. Ces ressources peuvent constituer le matériel de base nécessaire à l’obtention de nouvelles variétés adaptées à des conditions changeantes et au développement de nouveaux systèmes agricoles. Bon nombre de ces matériels, qui ne sont plus cultivés aujourd’hui, auraient disparu s’ils n’avaient pas été conservés dans des banques de germoplasme telles que le CRF.
Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC)
Institut national de recherche et de technologie agricole et alimentaire (INIA)
Le Conseil oléicole international (COI)
Le COI est la seule organisation internationale et intergouvernementale consacrée à l’huile d’olive et aux olives de table. Il a été créé en 1959 sous les auspices des Nations Unies dans le but de contribuer de manière décisive au développement durable du secteur, en promouvant la qualité, la recherche et le commerce international de l’huile d’olive et des olives de table. Ses pays membres représentent plus de 95 % de la production oléicole mondiale.
Documentaire « L’héritage de l’olivier »
Afin de faire connaître cette étape majeure dans la conservation de l’olivier, le COI a produit un mini-documentaire qui retrace l’ensemble du processus : de la récolte et de la préparation des semences en Espagne jusqu’au voyage et à la cérémonie de dépôt au Svalbard. Ce documentaire est un outil de communication essentiel pour expliquer la valeur de la biodiversité agricole, le rôle de l’olivier dans la culture méditerranéenne et l’importance des initiatives mondiales de conservation.
Produit par Llamaranta Comunicación en 2026, il a été présenté en avant-première le 30 octobre 2026 au siège du ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation.
Présentation officielle du documentaire
« L’héritage de l’olivier » : présentation officielle du documentaire au ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation
Programme provisoire de l’événement
Vendredi 30 octobre 2026 | 11h.
Venue: Auditorium of the Ministry of Agriculture, Fisheries and Food.
| 11.00 | 12.00 | Official opening | |
| 11.00 | 11.10 | Spanish Minister for Agriculture, Fisheries and Food (MAPA) | Luis Planas |
| 11.10 | 11.20 | Norwegian Minister for Agriculture | Nils Kristen Sandtrøen (TBC) |
| 11.20 | 11.30 | Executive Director of NordGen (Nordic Centre for Genetic Resources) | Lene Krøl Andersen (Video) |
| 11.30 | 11.40 | Secretary of the International Treaty on Plant Genetic Resources for Food and Agriculture (ITPGRFA) | Kent Nnadozie (Video) |
| 11.40 | 11.50 | Vice President of the Spanish National Research Council (CSIC) | Elena Cartea |
| 11.50 | 12.00 | Vice-Chancellor, University of Córdoba | Manuel Torralbo Rodríguez (TBC) |
| 12.00 | 12.15 | Screening of the documentary ‘The Olive Tree’s Legacy’ | |
| 12.15 | 12.25 | Executive Director, International Olive Council (IOC) | Jaime Lillo |
| 12.30 | 13.30 | Closing reception | |
Provisional programme · Times subject to confirmation


