Resultados
Collection internationale
Méthodologie Caractérisation primaire
Méthodologie Caractérisation secondaire
Variétés autochtones Caractérisation primaire
Variétés autochtones Caractérisation secondaire

 

RESULTATS DU PROJET

INTRODUCTION

            La plate-forme génétique sur laquelle se base l’actuelle oléiculture méditerranéenne constitue un excellent exemple d’une situation technico-agronomique qui s’est développée principalement sur des critères empiriques, résultat d’un travail de sélection et de clonage répété au fil du temps, sur des individus qui se distinguaient par des caractéristiques spécifiques et utiles dans chaque aire de culture.

            Cette spécialisation, ou plutôt, cette “adaptation” de certaines caractéristiques particulières d’une espèce, peut être définie comme un processus dans lequel un seul individu réalise des modifications pour optimiser sa fonction dans un milieu spécifique.

            Cet objectif n’était pas intentionnel dans les premiers travaux de sélection mais a joué un rôle fondamental dans l’apparition de cultivars-populations qui sont fortement spécialisés en ce qui concerne certains caractères mais qui sont en  définitive peu adaptables à d’autres milieux ; le simple transfert de variétés productives hors de leurs zones d’origine comporte en effet très souvent des problèmes d’adaptation.

            L’oléiculture actuelle peut être considérée comme étant le résultat d’une longue activité de sélection clonale qui a entraîné un progrès important sur le plan qualitatif et quantitatif mais qui reste une méthode structurellement « conservatrice ».

Dans les différents pays du bassin Méditerranéen qui cultivent l’olivier, le matériel végétal local a fait l’objet d’un certain nombre d’études descriptives, mais avec des critères divers et une méthodologie différente. La plupart des variétés importantes étaient connues sous des noms différents selon les endroits où elles sont cultivées. Il était également fréquent qu’un même nom serve pour désigner des variétés réellement différentes qui n’ont en commun qu’une caractéristique déterminée se rapportant souvent à la forme ou à la taille du fruit ou à une autre note distinctive très visible.

            Il était donc urgent de connaître le matériel autochtone des différents pays oléicoles afin de classer les variétés existantes et, dans le cadre d’activités de prospection des ressources génétiques encore inconnues de l’olivier, de récupérer les génotypes, notamment en raison du risque d’érosion génétique due à la mise au point de nouvelles variétés que les programmes d’amélioration génétique déjà en cours peuvent fournir à moyen terme, surtout si l’on tient compte de la marginalité d’une très grande partie de l’oliveraie actuelle.

C’est dans ce contexte qu’en 1995, le COI a décidé de parrainer la présentation au programme de Ressources Génétiques de l’Union européenne, d’un projet de « Conservation, caractérisation, collecte et utilisation de ressources génétiques de l’olivier » (RESGEN CT 96-97) ayant pour objectif l’identification, la description et la conservation du patrimoine génétique de l’olivier et l’introduction des différents génotypes dans des banques nationales et internationales de germoplasme. Ce projet s’adressait initialement aux pays oléicoles membres de l’Union européenne et du COI (Italie, France, Grèce, Espagne, Portugal). Toutefois, eu égard à l’intérêt qu’a suscité ce projet dans ces pays, d’autres pays membres du COI y ont été intégrés.

Aujourd’hui, quatorze pays participent au projet RESGEN : les cinq pays de l’Union européenne mentionnés ci-dessus et le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, Israël, Chypre, la Syrie, la Slovénie, la Croatie.

 

Objectifs :

Les principales étapes de ce projet peuvent être résumées comme suit :

  • connaître le nombre de cultivars (variétés cultivées) qui constituent les ressources génétiques de l’olivier dans les pays participant au projet ;
  • compléter, dans chaque zone et dans chaque pays, la caractérisation primaire et secondaire des cultivars déjà présents en collection ;
  • conserver ces cultivars dans des collections "noyau", ainsi que dans des collections nationales et dans deux collections internationales ;
  • réaliser une prospection variétale dans les zones et pays où cela n’a pas encore été effectué et multiplier les cultivars éventuellement différents ;
  • enregistrer les descripteurs primaires des cultivars encore inconnus ;
  • introduire les nouveaux cultivars identifiés dans les collections "noyau", nationales et internationales.

Résultats:

            La mise en place de ce projet a permis d’obtenir les résultats suivants :

  • Adoption et amélioration d’un schéma morphologique pour la description/discrimination des cultivars.
  • Mise au point d’un système de gestion de la base de données commun à tous les partenaires du projet, pour l’exploitation des données relatives aux ressources génétiques de l’olivier.
  • Identification dans chaque pays des cas de dénomination variétale erronée (synonymes et homonymes) en procédant à la caractérisation primaire au moyen des principaux descripteurs morphologiques, de manière à déterminer le nombre de cultivars réellement différents (et devant être considérés désormais comme autochtones) dans chaque collection "noyau" (et nationale) et, par la suite, dans le bassin Méditerranéen.
  • Publication sur Internet des listes des cultivars autochtones.
  • Enregistrement, dans la base de données, des résultats de la caractérisation secondaire.
  • Publication des catalogues des cultivars autochtones de chaque pays.
  • Protection de la diversité génétique de l’olivier.
  • Réalisation d’une culture durable dans les zones oléicoles marginales où aucune autre culture ne pourrait maintenir la population en milieu rural.
  • Extension de cette culture à des zones non cultivées pour protéger les sols de l’érosion et de la désertification.
  • Diversification de la production agricole.
  • Amélioration de la compétitivité des produits agricoles.
  • Conception et mise en place des programmes d’amélioration génétique de l’espèce.
  • Amélioration des connaissances sur les ressources génétiques au moyen de la caractérisation secondaire des variétés afin de permettre d’utiliser correctement les différents cultivars dans des conditions pédoclimatiques adaptées, ce qui se traduira par une amélioration de la qualité des produits oléicoles.
  • · Amélioration de la qualité de l’huile, produit d’une grande valeur nutritionnelle et dont les bienfaits sur la santé ont été démontrés, base importante d’une bonne commercialisation aussi bien pour les consommateurs traditionnels que pour les nouveaux consommateurs.

            L’utilisation systématique de caractères morphologiques descriptifs de l’arbre et de ses différents organes a permis la caractérisation primaire et l’identification discriminante des variétés. Les trente-deux caractères morphologiques utilisés (arbre, feuille, inflorescence, fruit, endocarpe) ont été sélectionnés en fonction de la cohérence entre les individus et les années pour un même génotype, du pouvoir discriminant entre des génotypes différents et de la possibilité de garantir une identification discriminante fiable. Sur ces 32 caractères, 15 étaient considérés comme hautement discriminants (un pour la feuille, quatre pour le fruit et dix pour l’endocarpe).

            L’application de ces méthodologies communes pour la reconnaissance des variétés par tous les centres collaborateurs des pays participant au projet, a permis de classer les variétés existantes dans des collections nationales et d’identifier pour la première fois les cultivars autochtones dans l’ensemble des pays, contribuant de cette manière à éliminer la confusion due à la dénomination fréquemment erronée qui avait été attribuée à une variété au moment de son catalogage. Les variétés ont donc été caractérisées morphologiquement, identifiées et comparées entre elles pour être classées et permettre ainsi l’élimination des synonymes et des homonymes qui créaient une grande confusion.

            L’application de la méthodologie pour la caractérisation primaire dans les pays de l’UE a permis de caractériser 581 variétés.

 

Pays

Centro Colaborador (CC)

Nº variétés caractérisées morphologiquement

Italie

 

 

 

Università di Firenze

38

 

Università di Palermo

30

 

Istituto Sperimentale di Cosenza

22

 

Università di Sassari

22

 

CNR Scandicci

58

Grèce

NAGREF

42

Espagne

CIFA

225*

France

INRA

30

Portugal

INIA/EAN

25

Total

 

492

* 108 en la base de datos.

            Outre la caractérisation primaire, les pays ont également adopté une méthodologie commune pour la caractérisation secondaire.

            L’objectif de cette caractérisation (agronomique, phénologique, pomologique et relative à la qualité de l’huile) des variétés d’olivier est de mieux connaître les ressources génétiques en vue d’une utilisation correcte des cultivars dans des conditions pédoclimatiques adaptées qui se traduira par une amélioration de la qualité des produits oléicoles. Une variété adaptée à son  milieu est en effet moins susceptible aux facteurs biotiques et abiotiques et cela a une répercussion très directe sur la qualité de l’huile d’olive. La caractérisation secondaire permet à la communauté scientifique de disposer d’informations fiables sur la manière de classer les cultivars selon différentes caractéristiques agronomiques essentielles : productivité, adaptation aux conditions pédoclimatiques, résistance ou tolérance aux maladies et parasites, etc. Ces informations sont extrêmement utiles pour les travaux d’amélioration génétique et de sélection variétale.

            En plus de la caractérisation des cultivars déjà présents dans les collections des pays participants, un autre objectif principal du projet était la récupération du germoplasme de l’olivier au moyen d’activités de prospection.

           

            L’application des méthodologies communes de caractérisation primaire sur les variétés présentes dans les collections nationales des pays participant au projet a donc permis d’identifier des variétés considérées comme autochtones. Ces variétés ont été multipliées et introduites dans deux banques mondiales de germoplasme de l’olivier. La première a été installée au CIFA "Alameda del Obispo" de Cordoue (Espagne).Cette banque a été créée en 1970 et lorsque le projet RESGEN a commencé en 1997, elle a été sélectionnée pour recevoir tous les génotypes différents entre eux des pays concernés.

                                                          
La seconde collection, inaugurée en mars 2002, à Tassaout, Marrakech (Maroc), est totalement nouvelle et entièrement composée des variétés issues du projet. Pour son installation, le Ministère marocain de l’agriculture, du développement rural et des eaux et forêts du Maroc a fourni une parcelle de 17 hectares équipée d’un réseau d’irrigation gravitaire, les équipements hydro-agricoles, la main-d’œuvre et les engins agricoles nécessaires et le Conseil oléicole international s’est chargé de la collecte des différentes variétés autochtones présentes dans les collections nationales des pays participant au projet.

Les variétés introduites ont été certifiées non seulement au niveau phytosanitaire mais également sur le plan variétal par les pays qui ont procédé à leur caractérisation. Une convention pour l’installation, la conservation et la gestion de la collection mondiale de l’olivier a été signée entre le ministère de l’agriculture du Maroc et le Conseil oléicole international. Le Maroc s’est engagé à procéder à l’entretien de la collection (taille, travaux du sol, fertirrigation, traitements phytosanitaires, etc.) ; à mettre en place une unité de recherche, de suivi et de gestion des ressources génétiques de l’olivier, un laboratoire standard pour les études et les analyses préliminaires nécessaires à proximité du champ et une unité de multiplication végétative (serre, ombrières) ; à installer, avec le concours du Conseil oléicole international, un système de gestion des ressources génétiques de l’olivier informatisé et rattaché par Internet au réseau mondial d’information ; et à autoriser l’accès à la collection des organismes internationaux de recherche et de la communauté scientifique, pour y réaliser des études, des recherches et toute autre activité scientifique.

Retombées

            On peut d’ores et déjà affirmer que la mise en place de ce projet aura les retombées suivantes

  • La biodiversité, en tant que résultat de l’interaction homme/nature pendant des siècles, sera documentée, publiée et diffusée à travers Internet.
  • Les variétés qui seront choisies ou obtenues à partir des variétés actuelles permettront de renforcer la position de l’olivier en tant que culture durable dans ses zones actuelles d’implantation, marginales ou à vocation oléicole, avec l’augmentation de l’emploi dans les zones rurales, à la fois dans les secteurs agricole, industriel et tertiaire.
  • Il en résultera une diminution de l’érosion et de la désertisation dans les zones où le développement social est fortement voire presque exclusivement fondé sur l’oléiculture, ce qui permettra aux populations rurales de demeurer dans leurs lieux d’origine.
  • La variabilité génétique encore disponible, qui est le fruit de la sélection pratiquée par l’homme ayant choisi les meilleurs arbres à partir de ceux issus de la multiplication naturelle (sexuée), sera ainsi préservée pour les générations futures et l’érosion génétique, dont est gravement menacé tout le bassin Méditerranéen et, pour des raisons différentes, les pays européens et d’autres pays, sera ainsi freinée.
  • Plus généralement, un des bienfaits les plus importants de ce projet sera l’implantation d’un système de coopération performant qui permettra de connaître, d’identifier, de sauvegarder et d’étudier le patrimoine génétique que recèle pratiquement tout le bassin Méditerranéen

 

 

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